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Le PC Piano--Queue

fait par Arik Testo le 21 Septembre 2007


Untitled Document

 

Un jour je descend dans la rue et en bas de chez moi, quelqu'un avait jeté un vieux piano droit, tout cassé. Trouvant ça dommage et aimant bien bricoler le bois, je récupère des planches, les touches et les pédales, et 2-3 autres trucs, me disant que ca pourrait toujours servir, un jour, peut-être même pour un PC un peu spécial... Et l'été dernier, quand le moment est venu de changer mon vieux PC, je me suis dit que peut-être on pouvait faire qq chose du fatras récupéré il y a 2 ans...

L’objectif pour un nouveau PC était triple :
• Esthétique, pour utiliser les restes du piano trouvé et pour ne pas défigurer mon salon (cf. aussi Woman Acceptance Factor)
• Silence, pour mes oreilles (marre des aspirateurs vous aussi ?)
• Puissance… Un minimum
Le tout avec un prix… relativement bas

Ce qui pose un certain nombre de problèmes:
Puissance => Chaleur + prix
Bois => Chaleur mais bon isolant phonique
Chaleur => Ventilateurs => Bruit…

Configuration
Pour faire face à ces exigences, on sélectionne les composants en conséquence :

  • Processeur: Athlon 64 3500+ : un processeur qui ne chauffe vraiment pas car gravé très finement
  • VentiRad: Zalman CNPS 9500B Blueled : un refroidissement du tonnerre pour un bruit léger, si léger, et une esthétique vraiment sympa quand on ouvre le capot du Piano.
  • Carte Mere: Gigabyte GA-K8NF-9 Ultra : Pas de besoins trop spécifiques, une bonne marque suffit, avec possibilités d’évolution
  • RAM: 2x 512 Mo Corsair Dual Channel : Idem, j’ai pris une marque pour la première fois, je ne vois pas trop la différence avec de la RAM no name mais bon, minimisons les risques, le projet l’est suffisamment comme ça.
  • Carte Graphique:Asus Extreme N7600GT/2DHT Silent 256Mo: De quoi faire tourner des jeux récents en silence, à faire évoluer si besoin.
  • Alimentation: Max In Power 580W PSMIP980VP : Super alim d’un silence parfait, je ne regrette pas d’avoir doublé le prix.
  • Disque Dur: Samsung 250Go 7200 RPM S-ATA (SpinPoint P120) : Pour le silence, et sans regrets, sauf celui d’avoir gardé mon vieux Diamondmax 9 qui fait le bruit d’un imprimante à aiguille…
  • Graveur DVD: Plextor PX-750A Noir BOX : Ça c’est le point négatif, le tiroir fait du bruit, le lecteur en marche aussi, que seul le bois parvient à atténuer. Vraiment très décevant pour un lecteur qui coûte le double d’un no-name.
  • Rhéobus: Akasa AK-ALL-01BK : Pour suivre les évolutions de température, régler la vitesse des ventilos (et donc réduire le bruit), avoir des plugs en façade (tout, même du SATAII pour un HDD plug&play) et un lecteur de cartes mémoires 7 format.
  • Ventilos 8cm x2: Noiseblocker S2 Blue BOX : Pour les sorties d’air, en version puissante (S2), les S1 sont trop faibles pour un boîtier.
  • Ventilo 12cm: Noiseblocker SX1 Blue : Pour l’entrée d’air frais.
  • Accessoires : gaine thermo-rétractable pour cacher les fils dans le boîtier, des câbles et interrupteurs pour la mise en route/reset/à voir, bombe à air pour nettoyer (sciure + HDD = pb).

Prix Total = 864 Euros

Voilà, après avoir fait Montgallet dans tous les sens, on rentre à la maison avec le sac à dos plein et on déballe tout ça. Je commence à jongler avec la mise en place pour voir quelle tête donner à mon piano : il faut des éléments accessibles, une ventilation efficace, des câbles cachés au maximum. Après pas mal de configurations différentes, ça donne qq. chose comme ça :

Ça ressemble à certains boîtiers desktop et en gros, on a la forme caractéristique du piano à queue. Le graveur DVD et l’All-in-One sont en façade. Je prévois de pouvoir ouvrir le capot par le dessus pour avoir accès à tout.

Coté ventilation
L’alim devant avec son ventilo aspire l’air autour des disques durs qu’elle éjecte à la droite du boîtier. Au milieu le ventilo 120mm aspire dans le boîtier de l’air frais qui passe sur les barrettes de RAM, et est aspiré pour partie par le ventirad du processeur, et continue pour partie vers la gauche du PC et la carte graphique. Les ventilateurs du fond aspirent l’air chaud sortant de la carte et du ventirad et l’expulsent derrière le piano.
Par la suite, je dois dire que le design l’emporta sur la ventilation et que le déplacement des ventilos du fond a réduit le flux d’air autour de la carte graphique, sans que ça pose de problèmes de chaleur (même après 5h de jeu on reste à 50-55°C). Le rhéobus permet de faire de régler les ventilos sur « silence » ou « refroidissement » (-10°C de différence)

Le lieu de travail
On met tout dans la voiture et on va à la campagne chez le pater qui a un bel atelier avec toutes les machines nécessaires pour le travail du bois : scies circulaire, à ruban (pour les découpes arrondies et précises) et sauteuse, perceuses/visseuses diverses, perceuse verticale, dégauchisseuse, serre-joints, ponceuses électriques mobile et fixe… Colle à bois, lazure, vernis, charnières charnière à piano (pour ouvrir le capot), vis, clous, boulons écrous
Ne pas oublier le matériel de protection : gants, masque et lunettes de bricolage : la scie circulaire ça coupe ! (sans blague ?!)

Ensuite on organise un atelier de montage spacieux et calme. Pas de téléphone, pas de fax, pas d’email, pas d’internet (argh) mais tout de même un ordi portable avec les derniers conseils de Jacky’s (merci à mes prédécesseurs modeurs sur bois) et des exemples photos de pianos à queue soigneusement téléchargés.

Et on peut placer les éléments sur la planche pour déterminer les dimensions approximatives du piano avant de passer à la découpe et au montage.

Le montage du piano
Coté bois on a :

  • 1 planche du dos du piano qui fera le capot,
  • le capot (en photo) qui se referme sur les touches
  • 1 planche arrondie qui servait de support pour le support à partitions
  • la plaque en ivoire de l’ébéniste (Pleyel, pour les connaisseurs) à conserver absolument pour le fun
  • les pédales en laiton (à nettoyer et lustrer), les touches en ivoire (n’achetez pas d’ivoire, ça tue les éléphants !!)
  • les « colonnades » travaillées qui feront d’excellents pieds
  • Il manque une planche pour le fond : on va chez Casto, j’ai pris du contreplaqué pour la légèreté, mais je le regrette un peu : c’est plus fragile et difficile à travailler et la tranche prend mal le verni.

On commence par nettoyer (alcool et grattounette) puis couper les touches, on n’a pas besoin de la longueur totale. Puis il faut les ordonner dans le bon sens pour recréer un clavier correct : c’est le poun qui s’y colle, en tant qu’ancien pianiste. Finalement, on se rend compte que les touches étaient numérotées, mais sur la partie déjà coupée… C’est en forgeant… ;-)
On colle tout sur une tige de bois et ça donne ça :

Ce qui détermine la largeur définitive du piano.
Ensuite on découpe la planche du dessous (après l’avoir lazurée + 6h de séchage) aux dimensions voulues en faisant attention d’avoir de la place pour les câbles à connecter derrière la carte mère. Et celle du dessus pour qu’elle soit légèrement plus large que l’autre pour pouvoir la soulever facilement (et « éponger » les possibles erreurs futures au niveau des montants)

A ce stade, je ne savais pas encore comment faire les arrondis de droite et du fond… Arrondis qui devaient de plus être percés pour les câbles et les ventilos… C’est la planche arrondie, qui devait servir de capot cache- touches, qui a fournit la solution : elle fait 1,50m et en la coupant à intervalles régulier, et en plaçant les morceaux de différente manière, on a déjà 3 arrondis principaux. On découpe 2 petits montants pour compléter avec un angle et ça donne ça :

Reste à faire un nouveau cache-touches : il faut couper l’ancien aux bonnes dimensions, et de recoller les moulures du coté coupé. La couleur n’est pas exactement la même, mais une couche de vernis arrangera ça :

En gros sans assemblage, ça donne qq. chose comme ça : ça commence à prendre forme !

Et il est tard donc on se couche et on se lève 7h plus tard…

Un problème important reste à résoudre: la façade. Il faut créer une porte dans la façade pour que lecteur et rhéobus soient accessibles, la façade doit être fixée au reste (via les montants à priori) les charnières du cache-touche doivent être fixées qq. part, faire des montants droite et gauche pour que le même capot fermé repose sur qq. chose, on veut voir la plaque « Pleyel » sur le devant…

On fait donc les petites pièces de bois : pour l’arrière des touches, pour le capot… Je laisse un espace à gauche des touches pour 2 raisons : d’abord parce que le clavier doit être « entier » et ne pas s’arrêter au milieu d’une octave (une série avec 3 touches noires suit une série avec 2 touches noires). Ensuite parce qu’on mettra une pièce de bois avec les diodes éventuellement (marche, HDD…) et pour faire passer les câbles interrupteurs des touches marche et reset vers la carte mère.

Les lecteurs doivent être surélevés pour s’ouvrir au dessus des touches et du cache-touche, je construis donc un plateau. Les pieds sont coupés dans notre planche arrondie: ils serviront à la fois à cacher différents câbles venant de l’alimentation et à orienter le flux d’air frais en provenance du ventilateur vers l’arrière de la carte graphique.

On fixe le ventilateur aspirant (dans le bon sens!) sur sa plaque de bois préalablement découpée à la scie sauteuse, égalisée et poncée.

De même on coupe le montant arrondi du fond droit pour avoir suffisamment de place pour insérer les ventilateurs. Ils ne sont pas vraiment centrés mais quoi de plus ennuyeux que la symétrie ?...
Ensuite la partie délicate : on fixe tous les montants : colle à bois d’abord (ne pas oublier le serre-joint), puis vis de 40mm par-dessous, pour consolider. La colle est épatante (Sader, ils méritent bien la pub) mais le tout pèse son poids (21kg) donc autant que ça tienne.
On fixe une pièce de bois sous les touches sur laquelle on vissera par derrière la plaque « Pleyel » qui doit monter jusqu’aux touches sans être défigurée par des vis.

Il faut maintenant découper la façade au bon endroit pour la porte des lecteurs. Pour faire une découpe bien carrée, on est obligé de faire un petit trou à la perceuse en bas à gauche pour faire tourner la lame de la scie à ruban (ou sauteuse). L’opération réussit, on est super content, mais c’est au moment de faire les entailles pour la charnière de la porte que ça se corse: le bois est trop dur et les coups de ciseau à bois trop violents, la façade fragilisée par la découpe de la porte se casse en deux morceaux… argh… Bon on se calme et on nettoie la plaie avant d’appliquer de la colle et de s’en remettre à Saint Sader (quand je dis qu’ils le méritent !). Une fois le vernis passé, on ne voit presque plus la cicatrice, ouf…
On fixe les charnières capot / façade et l’ensemble sur les montants gauche et droits. On rajoute la porte préalablement découpée (prendre un autre bout de bois aurait fait perdre la continuité des veines du bois, qui sont très belles. On ajoute aussi une pièce de bois manquante au-dessus de l’alimentation (collée) et on commence à être vraiment content :

Il a encore fallu tout poncer (si si) et tout revernir (2 couches) afin de donner une couleur relativement uniforme. Les panneaux de bois utilisés ayant été différemment exposé à la lumière/l’usure, ils étaient de couleurs légèrement différentes.

Reste à faire les pieds. On mesure puis recolle ce qui n’est plus en place pour faire un pied unique stable pour le fond.

Je coupe l’autre en deux et j’y fixe les pédales, qui nettoyées ont changées de couleur (noir-> dorées)

Les pieds avant sont coupés dans les « colonnades » à bonne dimension, mais comment fixer tout ça au dessous du piano de manière amovible (pour faciliter les transports). Pour le pied du fond, il y a 2 trous dans lesquels passent des vis. Pour ceux de devant, j’utilise des vis spéciales à double-filetage : l’un pour la visser dans le pied et qu’elle y reste, l’autre pour la visser dans un boulon et pouvoir démonter le pied (même système que pour les pieds d’un sommier de lit)
Je perce la plaque du dessous pour y coller des boulons dans lequels viendront se visser les vis des pieds. Je dois dire que ce système n’est pas idéal (mais bon, la colle à bois n’est pas faite pour le métal, il faut que j’essaye avec autre chose). Le mieux serait de pouvoir placer les boulons à l’intérieur du piano, mais ça pose problème maintenant que tout est fixé. Enfin pour l’instant ça tient !

Pour le fignolage, je récupère au ciseau à bois les moulures que j’ai sur certaines planches, pour les coller sur la tranche avant des montants et du capot.


Enfin, le temps est venu de rentrer l’électronique :
Les disques durs, et les lecteurs sont fixés avec des équerres.
La majeure partie des câbles d’alimentation passe entre HDD et façade, puis sous le plateau des lecteurs, pour les alimenter et cacher l’inutile.
La carte mère est mobile et montée sur des vis enfilées dans des bouts de tube hydraulique qui isolent des vibrations. Ca pose un problème de transport, mais vous aurez compris que le but n’est pas de faire un ordi portable. Ca permet de laisser de la marge en cas de rajout de cartes PCI diverses ou de connections arrière.
Les sondes températures du rhéobus sont sur les HDD et la carte graphique (le proc en a déjà une, visible via le Bios). Et les réglages ventilos sur l’entrée d’air à gauche et les ventilos du fond (de même le ventirad a son propre système)

Enfin pour une esthétique irréprochable, il faut minimiser les fils externes ! Donc on passe tout ce qu’on peut en sans fil : Internet, réseau, souris et clavier. Et on fait un trou sur la plaque du fond au niveau de la connectique pour faire sortir le tout par-dessous sans que cela se voit trop ni ne défigure les montants arrières du piano.

Restent visibles les câbles de l’écran, et des haut-parleurs au fond, et de l’alimentation à droite (pas trouvé de solution pour éviter ça sans influer sur les prises d’air). On passera peut-être les haut parleurs en wifi via Airtunes, pour réduire encore le nombre…
Le capot est fixé au montant gauche grâce à une longue charnière dite « à piano » (le hasard fait bien les choses ;-). Coté façade on rajoute une poignée pour la porte qui s’ouvre sur les lecteurs, les branchements façade et le contrôle ventilo/température.

On rajoute des tiges en bois bicolore pour faire un support pour le cache-touche et tenir le capot ouvert.
Pour les touches démarrage et reset, à l’extrême gauche elle ne sont pas collées, mais vissées aux autres ce qui leur donne un peu de jeu. Un interrupteur relié aux connecteurs de la carte mère par des et un ressort de stylo bic sont fixés sous le devant de la touche. Je n’ai finalement pas mis les LED de marche et de HDD (flemme + ça n’aurait rien ajouté esthétiquement)

Je voulais également peindre les câbles internes, qui sont tous de couleurs différentes et donc pas beaux quand on ouvre le piano, en doré, mais la peinture est restée collante pendant un mois sur le plastique souple… Si vous avez des idées je suis preneur (j’ai utilisé une bombe classique)

 

Conclusion
Après 10 jours de boulot de 8h du mat à minuit sans compter les finitions je suis plutôt satisfait du résultat. Le tout est parfaitement solide, transportable quand même (pieds amovibles), aussi beau que je pouvais l’espérer (après il faut aimer le bois et la musique) et d’un silence fantastique (sauf quand il est ouvert bien sûr).


Ça a pris plus de temps que prévu, mais ça valait la peine. La suite du projet implique le branchement en wifi de la sortie son sur la chaîne stéréo (et on jette les vieux haut-parleurs), l’achat d’un écran plat (24’’ ?) et son encadrement dans un cadre de tableau doré style rococo. Une fois pendu au mur, on ne verra plus de PC dans le salon, juste un piano à queue non loin d’un cadre avec une œuvre d’art en fond d’écran…

Salut à tous et bon mods !

Arik Testo

P.S. Si vous avez des commentaires ou questions: arik.testo@free.fr

Merci à
• Poun, pour l’atelier les machines et les conseil de travail du bois
• Belle-maman pour les bons petits plats pendant le WE et les bons petits restes pendant la semaine
• Casto et son staff pour leurs conseils
• Jackys’s pour plein d’idées et les guides
• Soufi, le chien du Poun, toujours au bon moment au mauvais endroit (couché en travers de la porte, ou étalé sur la perceuse branchée…)




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